Le français en déclin au Québec : les données confirment la tendance
Le français en déclin au Québec : les données confirment la tendance
Depuis une dizaine d’années, le français perd du terrain dans son foyer principal en Amérique du Nord, même si le Québec reste loin de la situation critique observée ailleurs au Canada. Selon les données démographiques, l’usage régulier du français à la maison est en baisse constante, particulièrement dans la région métropolitaine de Montréal.
Dans l’ensemble du Québec, le taux d’usage régulier du français au foyer était de 85 % en 2021. À l’extérieur du Québec, le français s’effondre : 28 % au Nouveau-Brunswick, moins de 3 % en Ontario, et seulement 1 % dans les sept autres provinces, un niveau inférieur à celui observé en Louisiane.
Les experts soulignent que la langue parlée au foyer est le meilleur indicateur de la vitalité linguistique, car elle reflète à la fois l’appartenance culturelle et la transmission aux enfants. Les chercheurs Gilles Grenier (Université d’Ottawa) et Calvin Veltman (UQAM) confirment que le plurilinguisme des immigrants doit être pris en compte pour évaluer l’évolution du français.
Si le français avait progressé dans la deuxième moitié du XXe siècle grâce à la loi 101 et à la francisation des immigrants, la politique fédérale d’immigration temporaire depuis 2016 a inversé la tendance. Les nouveaux arrivants, souvent moins francophones, ont contribué à accélérer le déclin. Dans le grand Montréal, le recul récent équivaut à 90 000 personnes passant du français à l’anglais en cinq ans.
L’inquiétude est palpable : 74 % des Québécois jugent le français menacé, dont 82 % des francophones, selon une étude publiée en 2025. Les données confirment que le déclin du français n’est pas une opinion, mais un phénomène démographique concret aux répercussions sociales et politiques majeures.
